On est lundi matin, votre propriétaire vient de vous envoyer un commandement de payer, et vous ne savez pas vers qui vous tourner. Trouver le bon numéro d’assistante sociale dépend moins d’un annuaire universel que de votre situation précise : impayés de loyer, perte d’emploi, handicap d’un proche, hébergement d’urgence. Chaque organisme dispose de ses propres travailleurs sociaux, avec des créneaux et des compétences différents.
Urgence sociale la nuit : le 115 ne se limite plus à l’hébergement
Le réflexe classique consiste à appeler le 115 pour signaler une personne sans abri. Ce que les guides habituels ne précisent pas, c’est que depuis les saisons hivernales 2024-2025 et 2025-2026, plusieurs grandes agglomérations ont élargi les missions de leurs plateformes rattachées au 115.
Des permanences téléphoniques tenues par des travailleurs sociaux couvrent désormais des plages nocturnes (parfois de minuit à 5 h). On peut y obtenir une écoute sociale professionnelle de nuit, pas uniquement un lit d’urgence. L’orientation porte aussi sur la détresse financière aiguë ou les violences conjugales quand les autres lignes sont fermées.
Pour une urgence vitale, les numéros restent les mêmes :
- Le 17 (police-gendarmerie) pour une situation de danger immédiat ou de violence.
- Le 15 (SAMU) pour une urgence médicale, y compris psychiatrique.
- Le 114 par SMS pour les personnes sourdes ou malentendantes, en remplacement du 15, 17 ou 18.
- Le 3114 pour la prévention du suicide, accessible en continu.

Numéro assistante sociale selon votre problématique : le bon guichet du premier coup
La majorité des assistants de service social exercent au sein des Conseils départementaux. On les contacte via les services de la Protection maternelle et infantile (PMI), les Maisons départementales des solidarités, ou directement au standard du département. C’est le point d’entrée principal pour les questions de logement, de surendettement ou de protection de l’enfance.
Impayés, RSA, prestations familiales : passer par la CAF
La CAF dispose de ses propres travailleurs sociaux. Si votre problème concerne un rejet de droit, un trop-perçu, ou un besoin d’accompagnement budgétaire lié à vos allocations, c’est le canal le plus direct. On peut joindre la CAF par téléphone au 3230 ou prendre rendez-vous en ligne via son espace personnel sur caf.fr.
Les retours varient sur les délais d’obtention d’un rendez-vous social à la CAF : dans certains départements, comptez quelques jours, dans d’autres, plusieurs semaines. Si l’attente est trop longue, basculez vers le CCAS de votre commune.
Perte d’autonomie, handicap : la MDPH et le service social du département
Pour une demande liée au handicap d’un adulte ou d’un enfant, la Maison départementale des personnes handicapées (MDPH) reste l’interlocuteur de référence. Les assistantes sociales qui y travaillent accompagnent les dossiers de prestation de compensation, les demandes d’orientation scolaire ou professionnelle, et l’accès aux établissements spécialisés.
Si la personne est hospitalisée, l’hôpital dispose aussi d’un service social interne. L’assistante sociale hospitalière peut lancer des démarches MDPH directement depuis le lit du patient, ce qui accélère considérablement le processus.
Maladie, arrêt de travail prolongé : la CPAM et la CARSAT
Quand un arrêt maladie dure et que les indemnités journalières ne couvrent plus les charges, le service social de la CPAM intervient sur les questions de maintien de revenus et de retour à l’emploi. Pour les situations liées à la retraite anticipée ou à l’invalidité, c’est la CARSAT (Caisse d’assurance retraite et de la santé au travail) qui prend le relais.
Admission d’urgence en mairie : une procédure encore peu connue
Plusieurs départements ont inscrit dans leur règlement départemental d’aide sociale une procédure dite d’admission d’urgence. Concrètement, le maire ou son représentant peut déclencher certaines prestations sans attendre un rendez-vous avec un assistant de service social : aide alimentaire, solution d’hébergement temporaire, par exemple.
Cette procédure fonctionne en dehors des horaires classiques des services sociaux. On la sollicite en se rendant directement en mairie ou au CCAS. C’est un levier utile le vendredi soir quand tout est fermé et qu’une famille se retrouve sans solution.
Le CCAS (Centre communal d’action sociale) reste d’ailleurs le point d’accès le plus simple pour les personnes qui ne savent pas vers quel organisme se tourner. Le CCAS accueille sans condition et oriente vers le bon service, que le besoin concerne le logement, l’alimentation, les droits sociaux ou l’accompagnement d’un proche dépendant.

Numéros d’écoute spécialisés : violences, maltraitance, radicalisation
Certaines situations ne relèvent pas d’un rendez-vous classique avec une assistante sociale mais d’une ligne d’écoute dédiée, anonyme et souvent gratuite.
- Le 3919 (Violences Femmes Info) pour les violences conjugales et sexistes, du lundi au dimanche.
- Le 119 (Allô Enfance en Danger) pour signaler une maltraitance sur mineur ou demander conseil.
- Le 3133 pour les maltraitances envers les personnes âgées et les adultes en situation de handicap ou de précarité, accessible tous les jours de 9 h à 20 h.
- Le 0 800 005 696, numéro vert du CIPDR, pour signaler une situation de radicalisation. Appel anonyme et gratuit, du lundi au vendredi de 9 h à 18 h.
Ces lignes disposent d’écoutants formés qui peuvent, selon la situation, transmettre un signalement aux services compétents ou orienter vers un travailleur social de proximité.
Quand aucun numéro ne répond : les alternatives concrètes
On ne va pas se mentir : obtenir un rendez-vous rapide avec une assistante sociale relève parfois du parcours d’obstacles. Si les lignes sont saturées, deux options méritent d’être tentées en parallèle.
La première : se rendre physiquement à une permanence sociale. Beaucoup de mairies, centres sociaux et Maisons France Services proposent des créneaux sans rendez-vous, souvent en matinée. On y rencontre un travailleur social qui peut au minimum ouvrir un dossier et accélérer la prise en charge.
La seconde : passer par France Travail (ex-Pôle emploi) si la difficulté est liée à l’emploi ou à la formation. Les conseillers peuvent déclencher un accompagnement social global et orienter vers un assistant de service social partenaire.
Le bon réflexe reste de ne pas attendre que la situation se dégrade. Un appel au CCAS de sa commune, même pour poser une simple question, permet souvent de débloquer un premier rendez-vous dans des délais raisonnables. Et si la situation est urgente un soir ou un week-end, le 115 couvre désormais bien plus que la mise à l’abri.
