Dans certains pays européens, la participation des parents à des séances de guidance éducative est recommandée par les autorités de santé dès la naissance du premier enfant. Pourtant, une minorité de familles seulement franchit le pas, souvent par manque d’informations ou par crainte du jugement.
Des études récentes démontrent que l’accompagnement parental améliore l’équilibre familial et la gestion des conflits au quotidien. Les professionnels observent aussi une progression notable des compétences parentales, indépendamment du contexte social ou culturel.
La guidance parentale : de quoi s’agit-il vraiment ?
La guidance parentale occupe désormais une place centrale dans l’accompagnement des familles, notamment lorsqu’il s’agit de faire face aux troubles du neurodéveloppement (TND). Préconisée par la Haute Autorité de Santé (HAS), elle vise à remettre les parents au cœur de l’accompagnement, en les rendant acteurs de la prise en charge de leur enfant.
On est loin d’un simple transfert de consignes. Ici, les compétences des parents sont reconnues et encouragées. La relation avec les professionnels se réinvente : Serge Ebersold, spécialiste du secteur, rappelle que la « guidance » se veut avant tout un soutien, qui mise sur les ressources déjà présentes chez les familles. Pour la HAS, la participation des parents s’inscrit dans une démarche citoyenne. À charge pour les professionnels d’ouvrir des espaces où les parents prennent la parole, exercent leurs droits et trouvent une visibilité nouvelle.
Voici les fondements de la guidance parentale :
- Impliquer les parents : co-construire les réponses éducatives, reconnaître ce que chaque parent sait de son propre enfant.
- Renforcer les compétences : accompagner les familles pour mieux comprendre, anticiper et répondre aux défis du développement de leur enfant.
- Travailler en partenariat : établir une relation basée sur la confiance, l’écoute active et la réciprocité.
Ouverte à toutes les familles, la guidance parentale prend un sens particulier lorsque l’enfant a des besoins spécifiques. L’enjeu est clair : remettre les parents à la place qui leur revient, encourager leur autonomie et leur rôle dans la vie sociale, et transformer durablement la façon dont la société considère leur mission éducative.
Pourquoi les séances parentales deviennent-elles indispensables aujourd’hui ?
Les séances parentales sont devenues incontournables face à la complexité de la vie familiale et aux nouveaux défis éducatifs. Les programmes de guidance parentale apportent des résultats concrets : baisse du stress ressenti par les parents, meilleure compréhension des troubles de l’enfant, confiance renforcée dans leurs capacités éducatives. Céline Clément, professeure à l’université de Strasbourg, rappelle que pour rendre ces dispositifs accessibles au plus grand nombre, la question du coût ne peut être éludée.
Derrière l’appellation « séances parentales », plusieurs dispositifs existent. Voici quelques exemples :
- ateliers collectifs, coaching coparental, modules de formation, groupes d’entraide.
Le coaching coparental, par exemple, proposé après une séparation, aide à maintenir le dialogue et à préserver l’enfant des conflits de loyauté. Le ministère de la Justice a d’ailleurs instauré des cours gratuits et obligatoires pour les parents séparés engagés dans une procédure judiciaire.
La politique de soutien parental portée par les institutions, relayée par le HCFEA et étendue localement, a permis l’émergence de multiples structures offrant un accompagnement personnalisé. Parents et professionnels élaborent ensemble des solutions concrètes, dont voici quelques axes :
- gestion des conflits, accompagnement face aux comportements difficiles, techniques éducatives validées par l’expérience.
Ces séances deviennent alors des lieux d’échange, d’apprentissage et de partage où chaque famille construit, en collectif, des réponses adaptées à sa réalité.
Les principaux bénéfices pour les parents et les enfants
La séance parentale insuffle un nouveau souffle dans la dynamique familiale. Les parents repartent avec des outils éducatifs à tester dans la vie de tous les jours, loin des recettes toutes faites et des injonctions moralisatrices. Le fait de partager difficultés et réussites avec des professionnels et d’autres familles libère la parole, permet de relativiser les doutes et d’élaborer ensemble des solutions adaptées.
Les dispositifs de guidance parentale recommandés par la Haute Autorité de Santé (HAS), tout particulièrement pour les troubles du neurodéveloppement, placent le parent au centre du dispositif. La relation avec l’enfant s’enrichit : écoute réelle, cadre posé, encouragements concrets. Les séances offrent de réels bienfaits : stress parental en nette diminution, meilleure compréhension des besoins de l’enfant, et capacité accrue à gérer tensions et conflits.
Voici comment ces bénéfices se traduisent pour chacun :
- Pour les parents : sentiment de légitimité renforcé, accès à des stratégies concrètes face aux difficultés, valorisation de leur rôle éducatif.
- Pour les enfants : climat familial apaisé, repères clairs, développement plus harmonieux et intégration sociale facilitée.
La parentalité positive s’invite au cœur de ces séances. Elle encourage la communication bienveillante, la définition de règles explicites et le respect mutuel, autant d’ingrédients qui favorisent l’épanouissement de l’enfant. En impliquant activement les familles, comme le recommande la HAS, on leur offre un espace de visibilité sociale et d’engagement citoyen, bien au-delà de la seule sphère privée.
Rencontrer un coach parental : comment franchir le pas en toute confiance
Aller vers un coach parental ou solliciter un accompagnement adapté suppose une démarche sincère, attentive et respectueuse. Aujourd’hui, de nombreux lieux sont accessibles. Des PMI (Protection Maternelle et Infantile) aux centres sociaux, en passant par les CAF et les Maisons des familles, le territoire se couvre de structures dédiées, prêtes à accueillir les parents. On y trouve des consultations individuelles comme des ateliers collectifs, toujours encadrés par des professionnels formés à la guidance parentale.
Les modalités d’accompagnement sont multiples. En voici quelques-unes :
- soutien ponctuel, accompagnement sur la durée, médiation familiale.
Les sages-femmes sont souvent en première ligne pour repérer les besoins précoces des familles. Quant aux psychologues familiaux ou conseillers familiaux, ils interviennent pour restaurer le dialogue et désamorcer les tensions. La thérapie familiale se concentre, elle, sur l’apaisement des conflits et la recherche de nouveaux équilibres familiaux.
Certains dispositifs méritent d’être signalés :
- Allô Parents Bébé : accompagnement téléphonique pour les jeunes parents en questionnement.
- REAAP : valorisation des compétences parentales et lutte contre l’isolement.
- LAEP : espaces d’accueil enfants-parents, véritables lieux de prévention de la solitude sociale.
La confiance s’établit peu à peu, au fil des échanges, de l’expérimentation de nouveaux repères et des progrès constatés au quotidien. L’accompagnement sur mesure, loin des solutions prêtes à l’emploi, respecte la singularité de chaque histoire familiale. C’est dans cette rencontre, où l’expertise du professionnel dialogue avec l’expérience du parent, que naissent des transformations durables. Avancer ensemble, voilà ce qui change tout.

